Banques : les hausses de salaires toujours plus individualisées

Peu d’établissements vont mettre en oeuvre en 2018 des mesures qui touchent l’ensemble de leurs salariés. – Shutterstock

Les négociations annuelles obligatoires du secteur bancaire 2018 attestent de la prudence des acteurs quant à l’octroi d’augmentations collectives.

C’est une tendance engagée depuis plusieurs années qui s’est confirmée lors de négociations annuelles obligatoires (NAO) sur les salaires au sein du secteur bancaire ces derniers mois. Très attentives à contenir la progression de leur masse salariale alors que les investissements dans le digital doivent s’accélérer, les banques privilégient les augmentations individuelles. Peu d’établissements vont mettre en oeuvre des mesures qui touchent l’ensemble de leurs salariés en 2018.

Revaloriser en priorité les bas salaires

La filiale du Crédit Agricole LCL a ainsi renoncé aux augmentations générales. La banque met en revanche de côté une enveloppe de 10 millions d’euros pour augmenter de façon ciblée quelques métiers sous tension en 2018. Les Caisses d’Epargne et les Banques Populaires ont aussi opté pour des mesures ciblées pour se concentrer sur la revalorisation des rémunérations les plus faibles. Aux Caisses d’Epargne, une prime de 350 euros sera ainsi octroyée aux salaires inférieurs à 30.000 euros brut par an. Aux Banques Populaires, la mesure est durable et aussi plus large : une augmentation de 0,5 % sera appliquée à tous les salariés dont le salaire est inférieur ou égal à 70.000 euros.

BNP Paribas et Crédit Mutuel se distinguent

Quelques banques se distinguent toutefois : après deux années sans mesure pérenne, BNP Paribas va augmenter l’ensemble de ses salariés de 0,6 % (avec un plancher à 250 euros par an) en 2018. Crédit Mutuel va plus loin avec une augmentation de 1 % de l’ensemble de ses équipes (avec un plancher à 350 euros par an).

Enfin, Société Générale opte aussi pour une mesure collective : un supplément d’intéressement de 1.000 euros sera versé à tous ses salariés en 2018. Une disposition exceptionnelle destinée d’abord à compenser le report de son plan mondial d’actionnariat salarié annoncé en décembre.

Sharon Wajsbrot – Les Echos du 21/01/2018