BPCE s’attelle au lancement de Google Pay

Alors même que le groupe bancaire a annoncé le déploiement de Samsung Pay avant l’été, il devrait aussi mettre la solution de paiement mobile de Google à disposition de ses clients dans le courant du troisième trimestre.

BPCE conforte sa position de pionnier sur le marché des moyens de paiement mobile. Après avoir été  le premier à lancer en France Apple Pay en juillet 2016 , puis annoncé il y a quelques jours la mise à disposition des clients des réseaux Caisse d’épargne et Banque populaire de Samsung Pay avant cet été, le groupe bancaire mutualiste devrait, selon nos informations, lancer Google Pay dans le courant du troisième trimestre.

Ayant par ailleurs rejoint en avril 2017 le consortium interbancaire français qui développe Paylib, BPCE devrait ainsi disposer d’une gamme complète de solutions de paiement mobile capable de couvrir tous ses clients porteurs d’un smartphone équipé de la technologie sans contact NFC (« Near Field Contact ») quel que soit son système d’exploitation.

Menace de désintermédiation

Cette stratégie a poussé les autres grandes banques françaises à tendre une oreille plus attentive aux géants de la tech. Inquiètes de passer pour vieux jeu auprès de leur clientèle, notamment la génération des « millenials », certaines ont déjà, comme  Société Générale, cédé aux sirènes d’Apple Pay , ou s’apprêtent à le faire. BNP Paribas serait notamment en cours de négociation avec la firme à la Pomme. De son côté, Samsung promet d’autres partenariats avec de grands acteurs bancaires hexagonaux d’ici la fin de l’année.

Les premiers déploiements de ces solutions n’ayant pas provoqué le raz-de-marée annoncé auprès des consommateurs, les banques s’inquiètent aujourd’hui moins d’une  montée en puissance des géants de la tech dans la finance européenne que de passer à côté d’une innovation prometteuse, ce qui leur ferait perdre des clients. « Une adoption plus large des différentes solutions de paiement mobile par les banques se dessine mais la menace de désintermédiation par les géants de l’internet n’a pas diminué », prévient néanmoins Olivier Sampieri, associé du BCG. « Pour capturer le marché du paiement mobile, les établissements bancaires devraient davantage jouer la carte de l’interbancarité  ».

Priorité à Paylib

L’entrée en vigueur de la directive européenne révisée sur les paiements (DSP2) devrait notamment donner davantage encore de marges de manoeuvre aux acteurs non bancaires pour étoffer leurs services autour du paiement en accédant aux données des clients des banques et en initiant pour eux des transactions. Un risque que les banques françaises ont bien en tête et qui explique qu’elles se soient résolues à déployer ensemble Paylib, tout en soutenant le Groupement Cartes Bancaires CB, le système domestique de paiement soumis à rude concurrence par Visa et MasterCard.

« En assurant le traitement des transactions avec Apple Pay pour Société Générale et Boursorama, nous avons montré notre capacité à accompagner nos banques membres pour toute solution de paiement mobile. Cela étant, dans l’univers Android, une majorité d’établissements bancaires français semble pour le moment vouloir donner la priorité à Paylib sur toute autre solution », observe Loÿs Moulin, directeur du développement du Groupement Cartes Bancaires CB.

Malgré le fait que, contrairement à Apple, Samsung ne prélève aucune commission auprès de ses banques partenaires et assure ne pas vouloir les concurrencer sur leur marché, le groupe télécoms n’a de fait pas réussi à convaincre d’autres établissements français de se lancer en même temps que BPCE.  Reste à Paylib à convaincre rapidement les consommateurs de ne pas lui préférer les solutions des géants de l’Internet.

Ninon Renaud – Les Echos du 14/03/2018