BPCE tourne la page de l’affaire Pérol

 

Relaxé, le président du directoire de BPCE est conforté à la tête du groupe.Désormais, il doit apaiser les tensions en interne pour déployer son plan stratégique.

Huit ans après le début de la procédure qui a mis en cause François Pérol pour prise illégale d’intérêts à la tête du groupe BPCE, la cour d’appel de Paris vient de mettre un point final à ce chapitre judiciaire. Vendredi, la cour a en effet confirmé le jugement de première instance « en toutes ses dispositions », lequel avait déjà relaxé François Pérol. Et, désormais, ni les parties civiles ni le ministère public ne semblent d’avis de se pourvoir en cassation. Soupçonné d’avoir été étroitement associé aux négociations sur la fusion des Banques Populaires et des Caisses d’Epargne avant de prendre la tête du groupe BPCE en 2009, sans respecter le délai de carence imparti, François Pérol va pouvoir souffler.
Au sein du groupe mutualiste, le ouf de soulagement était partagé vendredi puisqu’une condamnation aurait déstabilisé la gouvernance de la banque. Mais cette première réaction s’efface derrière le désir de « tourner la page » pour resserrer les rangs. «  Alors qu’un nouveau plan stratégique est en cours de finalisation et aura des impacts importants sur nos réseaux d’agences et les emplois, plus que jamais le groupe a besoin d’apaisement et de sérénité . Plus aucune polémique ne doit entraver le travail commun au sein des instances du groupe », a insisté la CFDT dans un communiqué.

Il faut dire que, pendant cette longue procédure judiciaire, le groupe mutualiste a vécu une guerre de succession interne douloureuse opposant François Pérol à certains dirigeants régionaux de la Banque Populaire et des Caisses d’Epargne soucieux de préparer l’avenir en cas de condamnation de leur dirigeant. Un épisode clos par la première relaxe de François Pérol en 2015, qui lui a permis d’anticiper le renouvellement de son mandat à la tête de la BPCE jusqu’en 2020.

L’avenir du groupe

De nouveau relaxé, François Pérol a certes plus que jamais les coudées franches pour se concentrer sur la conception et la conduite du nouveau plan stratégique des Caisses d’Epargne, des Banques Populaires et de Natixis qui sera présenté fin novembre. Quelques lignes de l’avenir du groupe ont déjà été esquissées en février : accélération de la numérisation, des fusions d’établissements régionaux, développement de la banque mobile Fidor en France… Mais ces projets seront d’autant mieux mis en oeuvre que François Pérol parviendra à rassembler toutes les forces. Or les tensions restent vives, son renouvellement anticipé « a créé une crise de confiance énorme entre BPCE et les dirigeants de banques régionales. Il faut que cela cesse », estime un proche du groupe.

Les occasions d’apaisement ne manquent pas. Début août, le conseil de surveillance de BPCE doit par exemple agréer le renouvellement du mandat d’Olivier Klein, à qui l’on a prêté des velléités de prendre la tête du groupe mutualiste mi-2015. Il y a quelques semaines, ce dernier a en effet vu son mandat de directeur général de la BRED – la plus grande des Banques Populaires – renouvelé pour cinq ans.

Sharon Wajsbrot, Les Echos