Crédit Conso accélère la France…

Porté par la reprise, le crédit à la consommation accélère en France

Le crédit à la consommation aligne depuis deux ans d’impressionnantes performances. Plus récemment, le secteur a su prendre le vent de la reprise. Très volontaristes, les banques mutualistes ont appuyé sur l’accélérateur. –

L’ex-enfant malade des services financiers voit depuis deux ans ses performances s’améliorer. Plus récemment, le secteur a su prendre le vent de la reprise. Très volontaristes, les banques mutualistes ont appuyé sur l’accélérateur.

Tous les voyants passent au vert pour le crédit à la consommation. L’ex-enfant malade des services financiers aligne  depuis deux ans d’impressionnantes performances . Non seulement le secteur a achevé une mue à marche forcée, provoquée par un durcissement réglementaire sans précédent, mais il bénéficie désormais des vents favorables de la croissance : quand la consommation va bien, le « crédit conso » va bien !

Ce bon niveau d’activité retrouvé apparaît dans de récentes statistiques publiées par la Banque de France, regroupant le crédit à la fois distribué en direct par les banques et par leurs marques spécialisées comme Cetelem ( BNP Paribas ) ou Sofinco (Crédit Agricole). Leurs encours ont progressé de plus de 6 % par an à fin septembre 2017, un rythme particulièrement élevé, portant le total à 166 milliards d’euros.

Deux puissants moteurs

Même si ce montant inclut techniquement des éléments non assimilables à du crédit conso, comme du découvert bancaire, à hauteur de 20 milliards d’euros, ces 166 milliards d’euros constituent en soi une performance historique : après un pic à 150 milliards d’euros atteint début 2011, le crédit conso s’était tassé, et n’avait rattrapé son retard que deux ans plus tard, en juin 2015.

Depuis lors, le stock de crédit n’a plus fait que progresser, entraîné par deux puissants moteurs. Le premier, la location avec option d’achat (LOA), a littéralement explosé , affichant trimestre après trimestre des taux de progression à deux chiffres. La performance de septembre 2017 reste impressionnante avec une croissance des encours de 35,2 % sur un an, à 11,3 milliards d’euros. Egalement appelé « crédit-bail », ce financement alimente principalement le marché de l’automobile neuve.

L’achat de véhicules explique aussi sans doute pour partie la bonne santé du deuxième grand moteur : les prêts dits « non affectés », c’est-à-dire dont l’utilisation finale n’est pas connue du prêteur, atteignent les 77 milliards d’euros à fin septembre.

Un dernier indicateur, enfin, témoigne de la vigueur du secteur : la production annuelle des seuls établissements de crédit (hors banques, donc) a retrouvé son plus haut niveau depuis 2009 (à plus de 40 milliards d’euros), sachant que le pic historique remonte à 2008, à 45 milliards d’euros.

Les mutualistes à l’offensive

Outre la bonne conjoncture, ces bonnes performances s’expliquent par un volontarisme accru de certains groupes bancaires, les mutualistes en particulier . Dans un environnement de taux faibles, l’activité de « crédit conso » offre aux prêteurs des marges d’intérêt plutôt confortable, et surtout permet de fidéliser le client.

Cette tendance s’observe pour le Crédit Agricole, les Banques Populaires et les Caisses d’Epargne qui ont vu leurs encours de crédit à la consommation bondir respectivement de 17,2 %, 23,6 % et 18 % entre septembre 2015 et septembre 2017, selon des données compilées par le cabinet Athling. « Les meilleures performances proviennent de ceux qui ont su imbriquer leur filiale de crédit à la consommation à la distribution et redémarrer via le réseau physique traditionnel », souligne Pierre Blanc, associé du cabinet Athling.

Des filières de revente

La grande déprime des années 2009-2015 désormais dépassée, de nouveaux défis se présentent pour les acteurs du secteur. L’un d’entre eux sera, d’ici à deux ans, de prévoir les filières de revente pour les centaines de milliers de véhicules financés en LOA depuis 2015 et qui arriveront en fin de bail.

Plus profondément, les prêteurs vont devoir accroître la personnalisation de leurs offres pour être en mesure de proposer le bon crédit au bon moment. Un principe simple en apparence, mais qui recouvre d’importantes transformations technologiques et managériales.

Edouard Lederer – Les Echos 27/12/2017