Epargne Retraite : les assureurs proposent un produit universel

Pour apporter leur pierre au débat sur la réforme de l’épargne retraite, les assureurs proposent la création d’un produit d’assurance retraite universel.

Les assureurs abattent leur jeu pour peser dans les débats sur  la réforme de l’épargne retraite voulue par Bercy. Alors que le gouvernement entend faire converger les caractéristiques des produits d’épargne retraite, ceux-ci proposent la création d’un produit d’assurance retraite universel. « C’est une solution moderne permettant de sortir du maquis actuel des contrats retraite qui fonctionnent chacun avec des règles différentes. Ce produit s’adressera en effet à tout le monde, que l’on soit salarié, travailleur indépendant ou souscripteur individuel », fait valoir aux « Echos » Bernard Spitz, le président de la Fédération française de l’assurance (FFA).

Il existe en effet aujourd’hui une multitude de produits, tels les contrats Madelin pour les travailleurs non-salariés, les Madelin « agricole », les plans d’épargne retraite entreprises (PERE ou contrats dits « article 83) ou les contrats « article 39 ». La FFA propose de laisser à l’écart de cette réforme le plan d’épargne pour la retraite collective (Perco), qui est, selon elle, davantage un produit d’épargne salariale.

Portable et transférable

Pour l’instant affublé du nom de code « Revavie », le nouveau produit esquissé par la FFA fournira  un complément de revenus garantis pour la vie« Un produit de retraite doit sortir en rente, car il doit donner la certitude au souscripteur d’avoir un complément de revenu à vie », insiste Bernard Spitz. Les assureurs prévoient dans Revavie de donner des garanties pendant la phase d’accumulation (garantie en capital avec le fonds euros et garanties de prévoyance en cas de coup dur). Ses promoteurs mettent aussi en avant le fait que ce contrat serait portable sans pénalités en cas de changement de statut et également transférable auprès d’un autre assureur.

« Il sera plus protecteur pour les salariés, parce qu’il permettra une meilleure mutualisation et donnera de véritables garanties, et plus juste sur le plan intergénérationnel, car l’absence d’un tel produit priverait les jeunes générations de revenus complémentaires. Il sera aussi plus simple pour les retraités qui pourront ainsi avoir une vue d’ensemble de leurs revenus prévisibles à la retraite », affirme Bernard Spitz.

Un marché peu développé

Autre argument que les assureurs espèrent porteur, un tel produit serait plus favorable à l’investissement en fonds propres, étant donné qu’il portera sur des horizons longs.

Pour les assureurs, il s’agit évidemment d’une piste pour enfin faire décoller le marché de l’épargne retraite en France. Celui-ci est encore très peu développé, avec 190,3 milliards d’euros d’encours à fin 2016, selon les données de la FFA, là où  l’assurance-vie totalise aujourd’hui près de 1.700 milliards d’euros d’encours .

Laurent Thévenin  – Les Echos du 09/03/2018