INTELLIGENCE ARTIFICIELLE DANS LES BANQUES FRANCAISES

L’intelligence artificielle reste au stade embryonnaire dans les banques françaises

Seuls 15 % des cas d’usage de l’intelligence artificielle recensés par le cabinet Athling concernent les forces de vente des réseaux bancaires. – shutterstock
Selon une étude du cabinet Athling, les établissements n’ont pas encore défini de stratégie d’implémentation de ces technologies. Pour les tester, elles optent plutôt pour des expérimentations tous azimuts.
Les robots vont-ils bientôt remplacer des légions entières de banquiers ? Pour le cabinet Athling, ce fantasme est encore très loin de se matérialiser.  Mandaté par l’association française des banques (AFB) pour faire un état des lieux de l’usage des technologies d’intelligence artificielle (IA) dans les banques et évaluer leurs impacts sur l’emploi, le cabinet constate qu’elles restent pour le moment au stade embryonnaire. « Il y a un foisonnement de projets menés au niveau des directions. Les directions marketing, commerciales, risques, ressources humaines et les back-offices sont les plus consommateurs de projets liés à l’« IA » », note le cabinet dans son rapport avant de poursuivre : « ces projets s’apparentent plus à des études de faisabilité (proof of concept) qui testent des idées à petite échelle ».Des expérimentations tous azimuts.
Pour les banques, ce mode opératoire présente l’avantage de tester – dans un budget contraint et de façon rapide – ces outils très prometteurs. Toutefois, il présente aussi l’inconvénient de disperser les énergies. « Les responsables des petites équipes chargées de tester les outils dans les différentes directions sont rarement coordonnés par un référent central en charge d’un plan IA. […] Cette approche présente des limites pour certains dirigeants rencontrés : manque de profondeur dans les cas d’usage traités, manque d’engagement sur la durée, des aspects d’industrialisation peu abordés… », note le rapport. Son auteur préconise donc de changer de logique : « on arrive à un niveau de maturité qui devrait permettre aux banques de dresser un bilan de leurs expérimentations et de se fixer des priorités dans tous leurs métiers », estime Pierre Blanc, associé du cabinet Athling.

Ces technologies n’ont pas encore percé dans les réseaux d’agences

De fait, ces technologies cognitives présentent un potentiel de gains de productivité majeur dans le secteur bancaire. Pour le moment, elles ont surtout essaimé dans  les fonctions supports : 60 % des cas d’usage recensés par Athling dans les banques françaises sont concentrés sur ces métiers. Les directions des ressources humaines s’équipent par exemple d’outils intelligents pour analyser les comportements des collaborateurs, pour alerter sur les raisons d’un taux d’absentéisme élevé, tandis que les fonctions risques s’équipent d’outils pour détecter la fraude ou mieux calibrer les scores de crédit. En revanche, contrairement aux idées reçues, les technologies ne se sont pas encore fait une place de choix dans les fonctions commerciales : seuls 15 % des cas d’usage recensés par le rapport concernent les forces de vente des réseaux. « Des expérimentations existent mais restent très limitées du fait de performances jugées non satisfaisantes ». Les plans de restructuration annoncés par les réseaux relèvent donc bien de choix stratégiques et non du déploiement des technologies cognitives.

Sharon Wajsbrot – 28/12/2017 – LES ECHOS