Les Epargnants sont-ils au Digital ?

Les épargnants n’ont pas encore pris le virage du digital 

 

Une étude montre que la grande majorité des épargnants français ne connaissent pas du tout ou très peu les offres de placements financiers en ligne.

Les Français ont beau être de plus en plus nombreux à dépenser leur argent sur Internet , ils n’ont pas encore le réflexe de se tourner vers la Toile pour placer leurs économies.

Quelque 84 % des épargnants ne connaissent pas du tout (56 %) les « solutions d’épargne digitale » ou en ont simplement entendu parler (28 %), selon une enquête réalisée auprès de 1.700 Français et présentée ce mardi par le cabinet de conseil Deloitte avec la start-up spécialisée sur l’épargne en ligne  Wesave .

Les « solutions d’épargne digitale » sont pourtant relativement nombreuses sur le marché français. Elles renvoient aux offres des courtiers en assurance-vie et autres placements tels que Linxea ou Altaprofits, ou encore à celles des jeunes spécialistes du conseil financier automatisé tels que Wesave,  Yomoni ou Nalo .

Les plus aisés connaissent mieux les offres numériques

L’ensemble de ces offres sont un peu mieux connues des épargnants qui ont au moins 25.000 euros à investir, selon l’étude (celle-ci exclut de son champ les banques en ligne et les acteurs du financement participatif). Ainsi, près de 25 % de ces investisseurs dits « patrimoniaux » connaissent ces solutions numériques ou y ont souscrit. Reste qu’une grande partie de ces mêmes épargnants (43 %), a priori plus avertis, n’ont jamais entendu parler des offres digitales.

image: https://www.lesechos.fr/medias/2017/12/13/2137839_les-epargnants-nont-pas-encore-pris-le-virage-du-digital-web-0301015772688.jpgLes épargnants n\'ont pas encore pris le virage du digital

« Il faut que l’on se fasse mieux connaître », concède sans peine Jonathan Herscovici, le fondateur de Wesave. Selon l’entrepreneur, cette méconnaissance des offres des placements en ligne s’explique notamment par le rôle majeur que continuent de jouer les conseillers bancaires, logiquement peu enclins à renvoyer leur clientèle vers des offres en ligne concurrentes. Or, selon l’étude, pas moins de la moitié des Français se tournent vers le conseiller de leur banque lorsqu’ils ont des questions relatives à l’épargne.

Un très fort besoin de contact humain

L’enquête montre également que les personnes qui ne souhaitent pas placer leur épargne en ligne, invoquent très souvent un manque de connaissance de l’offre. Mais la confiance reste également un enjeu. Quelque 34 % des réfractaires à l’épargne numérique justifient leur aversion par le manque de confiance dans l’acteur qui propose le placement.

Les offres en ligne ont par ailleurs tendance à rebuter les personnes qui ont besoin de dialoguer. 41 % des sondés qui refusent l’épargne digitale expliquent avoir « besoin d’un contact humain ». D’ailleurs, la méfiance vis-à-vis des algorithmes est relativement forte. Alors que les robots-conseillers misent sur ces derniers pour automatiser une partie des processus liés au conseil financier, 23 % des épargnants hostiles à l’épargne numérique font valoir qu’ils ne veulent pas que leur argent « soit soumis à des algorithmes, même partiellement ».

Si la plupart des Français n’ont de toute évidence pas encore pris le virage digital, les choses sont en train de changer, selon certains. « On constate vraiment sur ces deux dernières années une accélération [des souscriptions] », assure ainsi Stéphane Carlucci, directeur général du courtier en assurance-vie Linxea.

SOLENN POULLENNEC

12/12/2017 les Echos