Vers une hausse des salaires des cadres de la banque en France en 2018

« Cette année, les banques françaises vont veiller à ne pas perdre leurs meilleurs talents alors que le Brexit pousse précisément certaines banques étrangères à s’installer à Paris… », anticipe Antoine Morgaut, PDG de Robert Walters Europe et Amérique latine. – Shutterstock

Face à la concurrence des banques étrangères poussées par le Brexit à s’installer en France, les établissements français devraient faire un effort salarial pour les fonctions les plus prisées.

2018 pourrait être un bon cru pour les cadres du secteur bancaire. « Cette année, les banques françaises vont veiller à ne pas perdre leurs meilleurs talents alors que le Brexit pousse précisément certaines banques étrangères à s’installer à Paris… », anticipe Antoine Morgaut, PDG de Robert Walters Europe et Amérique latine, en marge de la présentation de l’étude rémunération 2018 du cabinet de recrutement. Après avoir interrogé candidats et recruteurs, le cabinet table sur une hausse des salaires moyenne de 2 % dans le secteur bancaire en 2018, en France.

C’est certes nettement moins que dans les métiers du conseil, où les  progressions attendues vont jusqu’à 10 % , mais c’est davantage qu’en 2017. Selon les chiffres compilés par le cabinet, les salaires des cadres du secteur bancaire ont à peine progressé de 1 % entre 2016 et 2017.

Des hausses de salaires ciblées

« Fortement contraintes sur le plan réglementaire et mises au défi du digital, les banques ont peu joué sur les rémunérations ces dernières années. Les hausses de salaires se sont donc concentrées sur  quelques profils très recherchés en conformité ou dans la gestion du risque . Cette tendance va se poursuivre en 2018 », fait valoir Amaury La Clavière, senior manager chez Robert Walters. En banque de détail, les hausses de salaires prévues par le cabinet cette année se concentrent ainsi sur les fonctions de responsable du risque et d’analyste crédit. Dans les métiers directement en lien avec la clientèle, seuls les responsables de banque privée voient leurs perspectives de salaire fixe augmenter.

Les profils experts en conformité sont aussi choyés en banque de financement et d’investissement (BFI). « C’est un domaine où il y a une véritable pénurie de candidats et l’approche du Brexit risque de renforcer le phénomène : les BFI installées à Paris devront inévitablement s’équiper de fonctions de back- et de middle-office », fait valoir Hélène Frasca, senior manager chez Walters People.

 En BFI, contrairement à la banque de détail, les métiers en lien avec la clientèle voient aussi leurs perspectives de salaire fixe progresser. Robert Walters prévoit des hausses de rémunération fixe modérées dans  les métiers du M&A , de la gestion d’actifs ou encore de la banque de financement, où la concurrence entre banques est vive.

D’autres leviers de fidélisation

Pour remédier à l’absence de hausses de salaires flamboyantes comme celles de rigueur avant crise, les banques tentent d’autres recettes. « Elles misent davantage sur l’équilibre vie professionnelle – vie personnelle avec des dispositifs de télétravail, elles mettent en avant les projets et les équipes. Ce sont des marqueurs importants pour les plus jeunes générations », note Amaury La Clavière.

Il concède néanmoins que ces efforts sont rarement suffisants pour garder ceux qui sont attirés par les groupes technologiques ou par  l’entrepreneuriat .

Sharon Wajsbrot – Les Echos du 21/01/2018